Ahlam Bioud
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Le mot d’Emma : J’ai rencontré Alham dans un lieu du quartier latin un peu magique où l’on peut aborder des poètes, des musiciens, des chanteuses, des peintres, venant des quatre coins du monde. Un scribe égyptien est, non pas le maître, mais le discret organisateur de ces rencontres, de ces expositions, de ces festivals de poésie et de musique. C’est sans doute pourquoi, voyant apparaître Ahlam à ces côtés, je l’identifiais aussitôt comme étant une réincarnation d’Isis, tentant éternellement de recomposer le corps de son frère, d’insuffler la vie avec patience et ténacité, là où Set veut imposer son pouvoir destructeur…Quant à moi, j’étais alors à la recherche d’un musicien qui puisse m’accompagner le soir même car j’allais conter la légende du Prince Acharf « le très honorable » dans cet espace Culturel de l’Harmattan qui m’ouvrait, comme à tant d’autres, beaucoup plus que sa porte. Et oui, quand on croit aux contes de fées, on a parfois de ces désirs qui semblent irréalistes… Alham me proposa aussitôt de chanter au cours de mon récit! Il lui fallut moins d’une heure pour choisir avec son amie Nazhia Meftha, une chanteuse marocaine de grand talent, les chants qui conviendraient à la légende du prince Achraf ! Je n’ai pu oublier la soirée durant laquelle je découvrais en même temps que le public ces deux voix dont la chaleur et la douceur étaient à la mesure de la générosité dont Alham et Nazia me donnaient la preuve en accompagnant l’inconnue que j’étais alors pour elle. Depuis, chacune de nos rencontres nous rapproche dans le bonheur du partage, le désir de transmettre ensemble un peu de cette beauté de la vie qui nous rend plus femmes et plus humaines. Un jour enfin, j’osais proposer à Alham d’assurer la direction artistique, l’accompagnement chanté, la création des costumes, l’illustration des contes du Moyen Orient qui font partie de mon répertoire. Sans la moindre hésitation, elle accepta, parce que me dit-elle « elle se sentait en accord avec le message transmis par ces contes ». Il est vrai que je choisis ceux-ci comme des guides menant au meilleur de l’être, guides que je partage volontiers avec ceux qui veulent prendre le temps et le plaisir de les écouter. Et en l’occurrence, « Le prince Achraf, le très honorable » a été un merveilleux guide ! |
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Ahlam Bioud a passé
les premières années de sa vie à Damas, la ville
où son grand père mit fin à un long périple
qui le mena de l’Algérie à la Syrie après avoir
fait un détour par New-York ! Sa grand-mère paternelle était
conteuse, ses récits ont sans nul doute, nourri l’imagination
de sa petite fille. Celle-ci grandit dans une famille où le goût
de l’aventure, de la liberté, du voyage allaient de paire
avec la sensibilité artistique. La maison était grande ouverte
aux amis de passage avec lesquels on prolongeait les soirées tard
dans les nuits. C’est ainsi que les chants, les danses et les récits
légendaires ont baigné l’univers enfantin d’Alham.
Elle, elle était plutôt porté sur la peinture et ses
parents, respectant ce penchant, ont su favoriser l’émergence
d’un talent précoce. Ils furent bientôt de retour en
Algérie où Alham a découvert la terre de ses ancêtres.
Avec sa sœur jumelle, elle participera à une chorale qui sera
sélectionnée pour le festival panafricain à Alger,
en 1969… |